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REVUE DE PRESSE

Les librairies indépendantes observées par les médias

Publié le 30 août 2007 par nt

(Photo : Kiosque à journaux, Paris. Photo O.Dion)

La librairie a été au coeur des journaux cet été. Antoine Gallimard, qui s'est vu confier une mission par Christine Albanel, a notamment réponduau Figaro. Quant au Monde, il a relayé la lettre de Jacques Bonnet concernant le "Commerce culturel et commerce de la culture".

A la suite du rapport « Livre 2010 » remis le 2 juillet par Sophie Barluet, disparue quelques jours après, la ministre de la Culture, Christine Albanel a confié à Antoine Gallimard, PDG des Editions qui portent son nom et président de l’ADELC (Association pour le développement de la librairie de création), une mission sur la librairie indépendante, comprenant notamment la création d’un label.

Dans une interview accordée au Figaro Antoine Gallimard insistait sur l’importance des librairies, notamment celles qui s’engagent à avoir des stocks et à garder leurs livres en rayon. « Cinquante mille références, c’est l’offre d’une belle librairie, explique t-il. Il y a aujourd’hui en France deux mille points de vente dédiés exclusivement à la vente de livres. Il est souhaitable pour tous qu’un tiers d’entre eux soient des librairies au long cours, ayant à la disposition de leurs clients entre vingt mille et cinquante mille références. »

Interrogé par le CNL (Centre National du Livre), Antoine Gallimard précise que « ces librairies souffrent beaucoup, depuis déjà longtemps, notamment dans les centres-villes : il est vraiment souhaitable de reconnaître leur rôle et de les aider ». Il refuse néanmoins qu’on prenne pour critère du label des librairies de qualité le nombre de références, car les libraires de centre-ville ont souvent de petits espaces et n’ont pas la possibilité physique de stocker. « De façon générale, le critère majeur me semble être moins un critère de taille que de qualité ». La mission qui lui a été confiée par Christine Albanel consiste notamment à définir ces critères qualitatifs.

Laure Adler, marraine de « L’été des Libraires » (sélection estivale de douze livres vendus par tous les libraires indépendants), également interviewée par le CNL, confie que « l ’existence en France d’un réseau de libraires indépendants constitue une sorte d’exception dans le monde, grâce à laquelle peut être maintenue la création littéraire. Il faut tout faire pour défendre la diversité des écritures et des talents, pour éviter que la « best-sellerisation » n’étouffe les autres livres de qualité ». Cependant le secteur « connaît une crise structurelle » et il est nécessaire de le « défendre ».

Le 13 juillet dernier, Le Monde avait publié une lettre ouverte rédigée par Jacques Bonnet, rédacteur en chef des Cahiers du SLF (Syndicat de la Librairie Française) et signée par 35 libraires et 18 éditeurs (dont Antoine Gallimard). Intitulée Commerce culturel et commerce de la culture, la lettre dénonçait la gratuité de port proposée par de grands sites de vente en ligne, tels que Amazon ou Alapage, qui menace les librairies indépendantes ne pouvant se permettre de telles largesses . Pour les signataires de la lettre, cela va à l’encontre de la Loi Lang de 1982 qui « a sauvé le réseau des librairies françaises du désastre » en limitant à 5% le rabais sur le prix de vente public des livres. Or les sites de vente en ligne ne sont que « mécaniques », sans « choix qualitatifs » comme dans une vraie librairie. La qualité a son prix et doit être préservée.

Dans un entretien avec le CNL, Benoît Bourgerol, libraire et président du SLF, se réjouit de la création du label afin de distinguer les librairies indépendantes de qualités. « Les avantages fiscaux qui l’accompagneront sont évidemment intéressants » et permettront sans doute d’améliorer la condition des libraires français.